Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Un matin où tout va mal

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

1 Un matin où tout va mal le Sam 29 Mar 2014, 23:17

Ce matin ressemblait à tous les autres matins de la semaine : le ciel était nuageux, il ne semblait pas vouloir pleuvoir ni laisser le soleil pointer son nez. Un vrai matin de printemps, quoi ! En sortant faire mon jogging, j'avais remarqué cependant qu'il faisait un peu froid et que je devrais probablement attendre encore avant de sortir mon trench Burberry. J'avais beau avoir Bernard pour me conduire où je le désirais, il ne fallait pas que j'attrape un rhume. Surtout pas en ce moment alors qu'au travail nous étions encore en processus d'embauche et que cela me prendrait toute mon énergie. D'ailleurs, au début de la semaine, j'avais dû aider la nouvelle responsable des événements à établir la liste d'invités pour notre soirée d'inauguration. Elle avait l'air de savoir où elle s'en allait avec ses idées, mais elle était légèrement somnolente par moment. Une collègue m'a dit par la suite qu'elle avait 2 jeunes enfants et qu'elle était mère monoparentale. Ça ne devait pas être facile tous les jours pour elle... en tout cas ! Tout ça pour dire que j'avais posté les lettres d'invitations à tous nos employés cette semaine et qu'ils devraient la recevoir aujourd'hui, si ce n'était pas déjà fait. J'avais bien hâte de voir quels genres d'équipes formaient le Peninsula. Je ne connaissais pas encore tous les responsables de chaque département, même si c'est moi qui les avais rencontré en entrevue avant leur embauche. Dans les dernières semaines, j'avais rencontré tellement de personnes que j'avais parfois de la misère à me retrouver parmi tous ces CVs. Quelques semaines encore et tout ça serait derrière moi ! Bon, encore un bouchon... J'espérais qu'on ait le temps de se rendre chez Dean & DeLuca parce que j'avais vraiment besoin d'un BON café ce matin...

* * *
Toujours en route. J'ai regardé ma montre : il était 7h25 et nous venions tout juste de faire la moitié du chemin pour aller au Peninsula. Dans vingt minutes, je devais être en train de traverser les portes de l'hôtel. Je sentais que je devenais impatiente, mais j'essayais de garder mon calme car je savais que Bernard n'y était pour rien. Il y avait de ces bouchons de circulation ce matin, c'en était ridicule ! J'avais presque envie de faire le reste du chemin à la marche, de demander à Bernard de récupérer mon café pour moi et de venir me le porter au travail, mais je me suis mise à penser que mes pieds n'apprécieraient pas vraiment le trajet, coincés dans des escarpins Jimmy Choo si hauts. Bon, rester zen : peut-être que ça déboucherait bientôt...

* * *
7h35. Ah tant pis ! Je n'étais qu'à trois rues de l'hôtel, mes pieds ne souffriraient pas tant que ça. Ce n'était quand même pas la première fois que je portais ce genre de souliers et que je devais me dépêcher pour ne pas être en retard. J'ai donc pris mon sac à main Prada et je me suis mise à tapoter dans la vitre qui séparait le siège arrière de celui de Bernard. Ce dernier abaissa la vitre.

« Oui Mlle Wilcox ?
- Je crois que je vais descendre ici, Bernard, et que je vais faire le reste à pieds. Ça ira beaucoup plus vite. Pensez-vous pouvoir aller chez Dean & DeLuca pour moi et m'apporter le tout au bureau ?
- Cappucino au lait de soya et scone orange-canneberge ?
- C'est exact !
- Pas de problème, Mlle.
- Bernard, vous êtes un ange !
- Bien sûr, Mlle.
- Merci beaucoup, à plus tard !
- Au revoir, Mlle Wilcox. »

J'ai donc ouvert la porte pour la refermer derrière moi aussitôt que je fus sortie de la voiture. Vite, vite, vite ! Ce n'était surtout pas le temps de traîner. Brrr ! En plus, le vent s'était levé. Une chance que j'avais mis mon manteau en feutre et mon foulard, finalement !

* * *
Enfin ! J'arrivai devant les portes tournantes du Peninsula. Normalement, j'entrais par la porte des employés qui était située sur le côté de l'hôtel, mais vu l'heure qu'il était (7h48), je profitai du fait qu'il n'y avait pas de clients en vue pour entrer par la porte principale. Je me dirigeai droit vers les ascenseurs et, comme s'il attendait mon arrivée, les portes s'ouvrirent sans que j'aie à appuyer sur le bouton pour le faire descendre. Je pénétrai dans l'ascenseur, pressai le bouton menant à mon étage, puis je m'adossai le bas du dos contre le mur alors que les portes fermaient. Je pris une grande respiration : un peu plus et j'étais en retard. Au moment où je fermai les yeux de soulagement, les portes bloquèrent et s'ouvrirent à nouveau, puis un autre employé de l'hôtel (ce que j'ai déduit par son visage familier) entra à son tour, dérangeant ainsi mon petit moment de relaxation.

Voir le profil de l'utilisateur

2 Re: Un matin où tout va mal le Dim 25 Mai 2014, 17:51

Il faisait gris ce matin, plutôt froid aussi, malgré l'été qui approchait. En sortant sur mon balcon un peu plus tôt, pour juger de la température par moi-même, j'avais eu l'impression que tout le monde pouvait voir mes mamelons sous ma chemise. Je ne recommandais ça à personne, donc j'avais préféré mettre une couche de plus et éviter ainsi de me faire dévisager. J'avais opté pour un long manteau noir Hugo Boss et une écharpe sombre que j'avais acheté lors d'un voyage d'affaires. Je l'affectionnais tout particulièrement ce foulard, ce dernier m'ayant permis de rencontrer une bien jolie femme! La vendeuse de chez Yves Saint-Laurent, à Paris. Elle s'appelait Sandrine et avait un sourire à vous faire fondre sur place. Je n'avais pu faire autrement que de l'inviter à prendre un café. Je lui avait fait mon coup de charme et elle avait accepté en battant des cils. J'étais très fier de moi et par la suite, nous avions passé un moment délicieux dans un petit bistro. Le lendemain matin, j'avais le sourire aux lèvres et retournais à New York en compagnie d'un beau souvenir et du parfum d'une inconnue sur mes vêtements. Ce fut le plus intéressant de mes voyages d'affaires!

* * *

J'étais donc en route vers le métro, bien au chaud et d'une humeur agréable. Sur le chemin, je croisai un petit café dont j'avais oublié l'existence. Je regardai ma Rolex pour me rendre compte que j'avais encore du temps avant de devoir être au boulot. Je me rappelai le bon goût de leurs croissants grâce à l'odeur de beurre qui vint me chatouiller les narines alors que j'entrais dans l'établissement. J'examinai rapidement le menu indiqué sur un tableau derrière le comptoir, pour finalement me laisser tenter par un croissant et un café allongé. Le vent s'était levé à l'extérieur et les gens montaient le collet de leur veste ou de leur manteau, moi y compris. En arrivant à la station de métro la plus près, je me frayai un chemin dans la foule pressée de travailleurs tout en écoutant de la musique sur mon iPhone. J'aime bien entendre du Bowie le matin, ça démarre bien ma journée.

Une fois dans le compartiment, je me trouvai un poteau sur lequel je pris appui et commençai à manger mon croissant. Il était encore meilleur que dans mes souvenirs. D'ailleurs, je dû émettre un son de contentement parce que la dame assise près de moi me regarda en souriant. La bouche pleine, je lui pointai la pâtisserie beurrée en remuant la tête de haut en bas, en signe d'appréciation.

* * *

Après un transfert de métro, je me retrouvai finalement sur la cinquième avenue, Bowie et Freddie Mercury m'accompagnant avec l'une de mes chansons favorites, Under Pressure. Je me surpris à chanter tout haut et à bouger les épaules, ce qui me fit sourire. Je réagissais toujours beaucoup à la musique qui me plaisait étant petit, je n'avais apparemment pas changé avec le temps. Les gens commencèrent à me regarder bizarrement tandis que je me dirigeais vers le Peninsula, mais je décidai de ne pas m'en soucier. Sur le coup d'une impulsion, j’agrippai une jolie fille qui marchait en sens inverse et la fit tourner sur elle-même. Elle eut l'air extrêmement surpris, mais elle me fit un sourire lorsque je lui fit un baise main. Elle replaça ensuite ses cheveux et continua son chemin. Je la regardai s'éloigner, appréciant la vue. Ce fut à ce moment là que je fut certain de passer une journée pleine de belles rencontres.

* * *

En arrivant à mon lieu de travail, je me dirigeai vers l'accueil pour y rejoindre Benji, mon assistant. La majorité du temps, j'arrivais avant lui, mais les péripéties de ce matin m'avaient quelque peu retardé. Comme à son habitude, il se tenait bien droit près du comptoir de la réception, consultant son téléphone cellulaire. Je saluai d'un signe de tête Béatrice, la réceptionniste en chef, et m'arrêta devant Benji. Lorsque celui-ci remarqua ma présence, il se répandit en excuses de ne pas m'avoir remarqué plus tôt.

« Oh Pardon, Mr. Westwick, j'étais justement entrain de parcourir vos messages pour pouvoir mieux vous les transmettre...
- Ça va, Benji, ça va. Il va falloir que tu apprennes à relaxer, mon vieux, sinon tu mourras très jeune! »

Il sembla déboussolé pendant un moment, puis ;

« Oui monsieur, bien sûr. »

J'éclatai de rire en lui donnant une tape sur l'épaule.

« Mon cher Benji, que vais-je faire de toi?
- J'apprendrai un jour monsieur.
- Mais j'en suis convaincu! Maintenant, quelles sont les dernières nouvelles? »

Tout en discutant des clients de la journée, nous marchâmes vers les ascenseurs. Lorsque je vis l'une des cabines sur le point de se fermer, je me précipitai vers celle-ci, délaissant ainsi mon assistant. J'eus tout juste le temps de retenir la porte de la main. En me glissant dans l'habitacle, je remarquai que je n'étais pas le seul occupant. Avant que les portes de l'ascenseur ne se ferment définitivement, j'aperçu le regard perplexe de Benji. Je ris discrètement. Le pauvre, j'avais l'impression de lui mener la vie dure. Tout en pensant au malheur de mon employé, j'appuyai sur le bouton menant à mon étage et jetai un œil sur la femme à mes côtés. Je la reconnue tout de suite, elle travaillait aux ressources humaines. Pourquoi ne pas engager la conversation, entre collègues, on devait bien avoir un minimum de civilité.

« Bon matin, dis-je en souriant et en lui tendant la main, je suis Stewart Westwick. »

Voir le profil de l'utilisateur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum